Des Pierres dans mon Jardin sec

23 mars 2019

Prière à Sainte Rita

Chères lectrices, chers lecteurs

Plus de messages sur ce blog depuis un moment, car depuis novembre, nous connaissons  de gros problèmes de connection internet...j'en suis désolée

Nous sommes en pleine campagne. En zone "grise" comme on dit. Les dysfonctionnements d'abord sporadiques se sont intensifiés. Après moult appels au fournisseur, changement de modem et autres opérations restées sans effet:  le diagnostic est tombé: ligne téléphonique défaillante. Dans nos campagnes, les réseaux vieillissants qui ne sont plus entretenus - ou mal- se dégradent. Une première intervention sur le réseau s'est avérée insuffisante au rétablissement d'un flux acceptable.

Si nous arrivons parfois à envoyer un mail entre deux coupures, il m'est quasiment impossible de nourrir le blog, d'y télécharger des photos à moins d'y passer des heures d'affilée...ce qui me rend chèvre.

Remarquez, vous ne manquez pas grand-chose: S' il fait très beau ici et depuis janvier très- trop- sec, les nuits encore froides ralentissent le départ de la végétation.  Cependant les narcisses, le romarins et les iris d'Alger sont en fleur.

Nous attendons d'autres interventions sur la ligne: Mais, c'est où, que ça coince, contacte mal, prend l'eau, que le fil est à nu, usé, à terre  ? Où ?  enquête en cours ...j'espère que ce ne sera pas trop long.

Les voies d'internet étant pour moi aussi  impénétrables que celles du Seigneur, je m'en vais de ce pas mettre un cierge à Sainte Rita, la patronne des causes désespérées ! Au cas où...

A bientôt ...j' espère,

Bon jardinage et profitons de la douceur printanière!

 

 

 

 

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27 janvier 2019

Le goût de la Taille (Japon 4 et fin)

Quand on se balade au Japon, cela saute aux yeux: Les Japonais sont des fondus de la taille. Leur savoir-faire en la matière est impressionnant:

Ils maîtrisent l'art du topiaire, au coeur de Tokyo dans le Meiji Jingu Inner Garden, devant la " Maison de thé" ces simples coussins. sobriété, élégance.

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 L'art du Bonsaï est à l'origine chinois, mais les Japonais se le sont approprié avec brio. Ces très vieux arbres miniaturisés étaient présentés devant la Maison de Thé ( photo précédente). Si ceux-là sont des chefs-d'oeuvre, il semble que cet "art du vivant" soit couramment pratiqué car j'ai vu assez souvent des bonsaïs domestiques prendre l'air dans des ruelles

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 En ce qui concerne les topiaires, le gigantisme ne fait pas peur: ci-dessous dans une allée de Kurashiki ( jolie petite ville proche d'Okayama. Ce sont des cyprès ou des ifs qui sont taillés. Les arbres étaient hauts ( plus de 3 mètres) , et je dois avouer que j'ai trouvé cet ensemble massif assez oppressant. Ondulations parfaites, les topiaires s'inspirent de la géométrie, je n'en ai pas vu d'animaliers

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 On ne se contente pas de tailler les ifs, et les arbustes: on forme les arbres: celui-ci , près d'un temple était immense. Quel beauté, n'est-ce-pas? mais comment s'y prend-t-on pour tailler là-haut?

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 Un petit tour à Okayama dans l'un des jardins les plus célèbres du japon: Koraku-En: un "jardin de Pelouses".- au Japon on trouve  "jardin de pelouses" et" jardin de mousses"-  où ces moutonnements apportent du relief 

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 A Koraku-En, on taille aussi les théiers ( Camellia Sinensis)

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 Les arbres formés demandent un entretien permanent . Un jardinier au travail perché sur un très grand escabeau

DSC04732A l'oeuvre, au sécateur

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 Avant de quitter Koraku-En, je veux vous montrer cela: ces jolis manchons de paille présents sur le bas des troncs de nombreux arbres. D'après ce que j'ai compris - barrière de la langue ! - cela limiterait l'invasion de certains parasites. Je ne sais pas si la paille est imprégnée d'un produit quelconque, quelqu'un parmi vous le saurait ? 

Dernière minute : oui , Martine qui explique dans un de ses commentaires ci-dessous comment on piège les insectes...et sans produit. Merci Martine 

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 Quittons Okayama pour Osaka, où j'ai eu la surprise de voir cet arbre parfaitement entretenu dans un parc public dans l'ensemble négligé ( voir les herbes folles un peu partout...)

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Des arbres soigneusement  taillés et des topiaires, nous en avons vu partout:

Chez les particuliers comme dans ce jardin charmant photographié à la sauvette

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 Devant cette maison, plus stricte est la rangée d'arbres en topiaires. Vous êtes surpris(e)s par le poteau et ses fils  électriques ? il y en a partout, c'est laid et je me suis demandée comment cela était possible dans un pays aussi léché que le Japon. La réponse est simple et pratique, le Japon est dans une zone dangereusement sismique:  à la suite d'un tremblement de terre, on répare le réseau électrique plus rapidemment s'il est aérien.

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 Dans les temples: ici à Tokyo

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 Là, à Kyoto dans le très beau et secret temple Honen-In

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Enfin, je voulais vous montrer cela, vu à plusieurs reprises: Un bel arbre, formé bien sûr: sur les branches moussues, ces drôles de touffes d'herbe bien grasse ont poussé. Etrange n'est-ce-pas? je n'ai jamais vu cela auparavant. 

Re-dernière minute : lisez l'autre commentaire de Martine ci-dessous: pour elle; c'est une orchidée et en plus elle l'a identifiée ! ( trop forte, Martine!)

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Pour conclure: la taille est un sport national au Japon. Une amie qui nous accompagnait  a dit qu'elle trouvait cela "violent" cette volonté de soumettre et de contraindre ainsi le végétal. Je ne voyais pas les choses comme cela mais en y réfléchissant...

Je termine ma série sur le Japon; Vous l'avez compris j'ai été très interessée par tout ce que j'ai vu:  inspirant et questionnant.

 

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20 janvier 2019

Des pierres dans les jardins japonais

 C 'est l' hiver. Il ne se passe rien au jardin, il dort. Il gèle modérément ( -3°/-4°) toutes les nuits. Suffisamment pour bloquer la végétation, les plantes qui avaient profité de la douceur du début de l'hiver pour "repartir " se sont arrétées. Je n'ai rien de nouveau à vous montrer, alors je continue mon petit reportage japonais.

Des pierres, il y en a de toutes sortes dans notre jardin: les grandes pierres plates de la grande restanque, celles de l'enrochement du talus, celles de la calade de la pergola, celles des murs et ouvrages en "pierre sèche" ( voir là, , et ) et aussi toutes celles qui étaient naturellement là .

J'aime les pierres, le minéral au jardin. 

Des pierres , il y en avait dans tous les jardins japonais que j'ai vus, jardins modestes de particuliers ou de Ryokan ( auberges traditionnelles japonaises), jardins publics ou jardins remarquables. Elles sont présentes en enrochement  comme dans Tenryû-ji garden, mais aussi

Dans l' immense parc-jardin Koraku-en à Okayama: en gué. 

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 Dans ce même jardin, deux ponts de bois: ce premier, que je trouve très stylé

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 et cet autre, d'une petite centaine d'années qui enjambe les nénuphars, heu... non, les lotus ( merci à Martine pour son commentaire ci-dessous) .fermer les yeux et imaginer ce que cela doit être au printemps: un émerveillement!

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 Toutes les photos suivantes ont été prises dans un autre jardin de Kyoto, proche du Tenryû-ji, mais très différent. Le Okochi Sanso Garden qui n'a pas été conçu par un moine, mais par un célèbre acteur de cinéma japonais: Ohkouchi Denjirou - né en 1898, mort en 1962 - il lui a fallu 30 ans pour construire ce jardin autour de sa villa et de son pavillon de thé sur le flanc du Mont Ogura. C'est un jardin protecteur, on s'y promène entre les buissons et les arbustes qui s'ouvrent sur des clairières moussues ou des perspectives plongeantes sur Kyoto. Très peu de visiteurs: c'est pratiquement seuls qu'on chemine sur ces sentiers et ces escaliers empierrés

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 Le fameux "pas japonais", à domicile

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 calade qui ceinture le pavillon de thé

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 Un petit chemin qui, chez nous, sentirait la noisette, 

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 abrupt, cet escalier à la rampe de bambou

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 Calade encore qui évoque une tête de serpent

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 il se dégage de ce jardin sauvage et secret  une atmosphère très poétique: S'y promener, s'y asseoir est en soi un enchantement

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 et ce hors de période de floraison. L'absence de fleurs en cette saison est , pour moi, largement compensée  par la variété des couleurs des feuillages 

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14 janvier 2019

le goût de la mousse: Tenryû-Ji (Japon 2)

Comment me débarrasser de la mousse qui envahit mon jardin, mon allée etc.? cette question est régulièrement posée par les auditeurs lors des émissions consacrées au jardinage. En France, pas mal de jardiniers amateurs voient encore la mousse comme une invasive. Un fléau.

J'ai découvert que les Japonais aimaient la mousse, vraiment et depuis longtemps:  le moine Musô Soseki, au 14 ème siècle, lui a - presque- consacré un jardin à Kyoto: Saihô-ji. Je dis presque, car ce jardin comprend pas moins de 120 espèces de mousses différentes. CommeTenryû-Ji , il a été détruit et reconstitué. Je n'ai malheureusement pas pu le visiter: les mousses étant  fragiles, le nombre de visiteurs est restreint. Pour faire partie des heureux élus, il faut faire une demande par écrit et à l'avance. Ce que je n'ai pas fait.

Les Japonais, dans leur grande sagesse, aiment la mousse qui au Japon, en climat tempété et maritime, prolifère. 

Elle tapisse les sous-bois et moquette les jardins pour le plus grand plaisir des yeux et des pieds: jugez plutôt par ces photos prises à Tenryû-Ji

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 Arbre magnifique au tronc doux comme du satin , je ne sais pas ce que c'est. J'en ai vu plusieurs. Le connaissez-vous?  C'est un Lagerstroemia indica ou Lilas des Indes, je ne l'ai pas reconnu - je n'en ai jamais vu d'aussi grand, en plus il n'est pas en fleurs- c'est Martine de En Galinou qui l'a reconnu ( voir son commentaire ci-dessous)

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 Ah! vous voyez les arcs, au premier plan? ce sont de souples lamelles de bambou arquées, elles servent de bordures d'allées... naturel, léger, élégant

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 Nous avons progressé avec les "mauvaises herbes" qui n'en sont plus et sont devenues des "advantices"

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 Alors prenons de la graine des Japonais ! Finie la guerre à la mousse!

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 Aimons-la et laissons la prendre toute sa place dans nos jardins, remarquez, je peux parler: chez nous, en Provence, pas de mousse car il fait trop sec...ou si rarement : cet automne elle est apparue car l'année a été exceptionnellement humide alors pour terminer une petite mousse provençale de chez nous, qui s'est installée sur un mur. Comparée aux japonaises, elle est maigrichonne, mais je la regarde avec tendresse

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07 janvier 2019

Jardin de moine: Tenryû-ji ( Japon 1)

Le Japon est un pays tempéré: pas d'équivalent du jardin "méditerranéen" là-bas. Par contre le jardin "sec" - et même très sec - y est une spécialité mondialement connue: Quand on nous parle de "jardin japonais", nous pensons immédiatement aux jardins Zen des temples. Petites merveilles de minimalisme minéral, du sable, des graviers, des pierres, soigneusement ordonnés selon des principes...qui m'échappent. Je ne suis pas Zen, ni au sens propre ni au sens figuré, et je ne comprends rien à ces jardins. J'en admire la sobriété, l'esthétique, j'envie - un peu - la spiritualité qui les inspire, je salue la constance du jardinier: râtisser, encore et encore râtisser. Tout ça, tout ça... mais ces jardins tellement "zen" me laissent froide.

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Heureusement pour moi, ces jardins minéraux ne sont qu'une facette de l'art japonais du jardin, Les moines eux-mêmes ont conçu des jardins somptueux qui allient spiritualité et sensualité. Par exemple le jardin de Tenryû-Ji à Kyoto qui fut fondé au 14ème siècle par le célèbre moine Zen Musô Soseki pour son disciple et mécène, le shogun Ashikaga Takauji. Musô Soseki était un paysagiste génial, il a créé plusieurs des plus beaux jardins japonais, tous furent détruits et ...fidèlement reconstitués. Il est troublant et émouvant de se promener de nos jours dans un jardin conçu six siècles auparavant.

A chaque jardin, son temple qui en est la raison d'être. Face au temple, la pièce maîtresse: un étang où nagent en toute quiétude les carpes Koï. Une grande sérénité s'en dégage: tout paraît naturel alors que tout est pensé dans les moindres détails:

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Le plan de l'étang, ses bords tantôt souples tantôt sinueux, l'emplacement de chaque pierre, car l'harmonie de ces jardins repose sur la présence de  trois éléments: le minéral, le végétal et l'eau

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 Le moine Musô Soseki avait sa spécialité: la cascade sèche. Oui, oui vous avez bien lu. Ci-dessous, celle de Tenryû-Ji. Comme vous pouvez voir, il s'agit d'un enrochement vertical soigneusement agencé. Il se dit qu'en contemplant ces cascades par temps calme et en silence, il est possible d'entendre l'eau, pourtant absente, couler.

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 Le végétal est présent sous toutes ses formes: arbres, arbustes, herbes, graminées, succulentes, mousses, rampantes  habillent l'étang 

DSC05291les ruisseaux 

DSC05296les mares

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 Ces photos donnent l'impression que nous étions seuls. En vérité, nous étions nombreux à nous promener, mais la circulation est organisée de telle façon que le regard se pose sur des perspectives vierges de visiteurs.

Les photos ci-dessus sont silencieuses, mais si je monte le son, vous entendrez le pépiement joyeux du groupe de collégiennes qui attendent leur professeur à la sortie du temple derrière nous.

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 Entre deux parties du temple, un jardin. Enfin l'équivalent d'un jardin de "curé".... disons, un jardin "de moine"  

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 Il y a encore un autre jardin que je qualifierais "d'agrément" avec toutes sortes de vivaces, d'arbustes à fleurs et d'annuelles. Octobre n'étant pas une période de  floraison: très peu de fleurs. Mais cette merveille:

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 Quand je l'ai vue, j'en suis restée baba. De loin j'ai pensé à une rose, mais non ! en approchant le feuillage n'était pas celui d'un rosier,  les pétales nervurés pas ceux de la rose

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 Une pivoine arbustive? Non plus, les pivoines ne fleurissent pas en octobre, pourtant, ce soyeux froufroutant...

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 roses, blanches

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 Alors? Un Hibiscus mutabilis versicolor... je pense que chez nous, en Provence, dans notre jardin très économe en eau et par canicule, il y a peu de chance qu'il tienne . Par contre si vous vivez en zone plus tempérée ou si vous arrosez, ne passez pas à côté de cette splendeur. Prévoyez de la place, cet hibiscus mesurait presque 2 mètres de haut... 

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Parmi d'autres, deux petits livres m'ont accompagnée au Japon: Le goût de Kyoto ( si vous voulez en savoir plus sur Musô Soseki et l'esprit des jardins japonais) , et le goût de Tokyo. ( éditeur: Le Mercure de France) .

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24 décembre 2018

Bonne fin d'année !

Quelques images dépaysantes pour sauter d'une année à l'autre, prises au Japon  où je me suis promenée avec Gilles -mon-époux en octobre. C'était le début de l'automne ( végétalement parlant ), j'ai regretté de partir le 6 novembre parce qu'ensuite cela a dû être un festival !  jugez plutôt:

Le Japon est le pays des érables qui se déclinent en de tendres tons pastels

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ou fauves: Ici , au Mont Koya ( à peu près 1000 mètres d'altitude) sur fond des majestueux cèdres ( cryptoméria) du Japon, le jaune vif est celui d'un Ginko Biloba

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 Devant les cèdres immenses, encore un érable...carmin

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 à Kyoto, où l'automne était moins avancé, le Ginko Biloba est d'un vert menthe pâle tandis que l'érable est bronze

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 Bord d'étang, à Kyoto

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 Belles promeneuses

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 Bambouseraie

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 Enfin les superbes, fascinantes, vénérées carpes Koï qui animent de leur chatoiement, les bassins et les étangs des temples, des jardins et des palais. A leur sujet, le très beau roman de Didier Decoin: Le bureau des jardins et des étangs

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 Et pour terminer: la lune rousse de l'île de Naoshima

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 J'ai visité quelques jardins au Japon et j'y ai vu des choses bien interessantes dont je vous parlerai...l'année prochaine

                                                                                BONNE ANNEE 2019 !

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17 décembre 2018

Ménage avant l' heure

Il pleut vraiment beaucoup en cette fin d'automne et il fait relativement doux. Résultat: les graminées Achnatherum calamagrostis et Pennisetum orientalis repartent du pied. J'ai donc profité des deux derniers jours - il a fait beau et froid ( premières températures négatives) - pour faire un gros ménage au jardin. Les années précédentes je rabattais ces grandes graminées en février mais cette année, j'ai dû le faire maintenant pour éviter que les tiges neuves se mêlent aux sèches:

Voyez ci-dessous la touffe bien verte devant le romarin buissonnant, c'est une Achnatherum calamagrostis dont les nouvelles pousses mesurent une trentaine de centimètres

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 J'ai rabattu d'abord les Achnatherum ( les plus avancées)

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puis les Pennisetum orientalis 

DSC05928Enfin, emportée par mon élan, j'ai nettoyé tout ce qui était sec, les Onagres du Missouri, les Origans 'Kent Beauty', les Nepeta, j'ai taillé les Ballotes, les Armoises arborescentes, les lavandes (...que j'avais un peu négligées), certaines aromatiques,  par contre  je n'ai pas touché aux sauges, ni aux perovskias, ni aux caryopteris, ni au lin qui est reparti aussi . Ceux-là, je les ai laissés tranquilles afin de ne pas les fragiliser au cas où il gélerait sévèrement plus tard.  Evidemment il y a un risque à ce nettoyage frénétique en début d'hiver, on verra bien. 

Ce qu'il reste ? les plantes que je ne taille jamais - ci-dessous un thym rampant - mais aussi tous les arbustes, les plantes qui repartent et certaines graminées comme les Stipa trichotoma... toutes les petites touffes 

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 J'en profite  pour vous présenter une nouvelle grande graminée dont je suis très, très contente: l'Hyparrhenia hirta ( aussi appelée" barbon hérissé"), elle est là , au premier plan  touffe dense, d'un vert bleuté, aux inflorescences dressées. J'en ai installé 3 en décembre 2016: bébé, elle a encaissé la sécheresse de l'été 2018 sans moufter et cette année, elle a très bien survécu à beaucoup d'eau.

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 L'excès d'eau est souvent bien plus dangereux pour les plantes méditerranéennes ( attention, je parle des plantes méditerranéennes, pas des tropicales) que le froid.

Par exemple les petites Stipa trichotoma installées sur la Grande restanque - bâchée ( geo-textile qui laisse passer eau et air) ont petit à petit toutes pourri au pied . J'ai pensé les avoir perdues quand je me suis aperçue qu'elles s'étaient ressemées SUR la bâche et comme cela ne suffisait pas, elles ont aussi migré dans la calade de la pergola

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Les interstices sableux entre les pierres: pour elles, il n'y a pas mieux. Pour moi: une plaie. Très difficile de les déloger, vous pouvez toujours essayer de les arracher, ça ne vient pas.

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Comme chez nous, le desherbage, c'est à la main comme au temps des Romains, j'ai cherché un allié: J'ai trouvé le lance-flammes, pardon, le desherbeur électrique, très efficace pour les dallages en tout genre. C'est mon 2ème. Le premier a rendu l'âme un peu trop vite à mon goût - cela vaut quand même une centaine d'euros- J'en ai cherché d'une autre marque, espérant plus costaud, mais je n'en ai pas trouvé qui me semble mieux, ( je n'en voulais pas qui fonctionne au gaz- cela existe aussi). Voilà l'engin, encore emballé:

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 l'utilisation est simple. ( pour être claire: je ne travaille pas pour le fabricant, et s'il tombe sur cet article, qu'il rende son matériel plus solide ! )

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 Mes Stipa sont un peu grandes - j'ai laissé trainé car il pleuvait - pour utiliser directement le desherbeur: je vais d'abord les couper  et les brulerai ensuite.

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11 décembre 2018

Un jardin sec sans Ballotes, c'est ballot !

Cela fait longtemps que je veux vous parler des ballotes, Je ne vous en ai pas parlé plus tôt, car j'ai sans cesse reporté à plus tard. Pourquoi ? parce que la ballote est  belle et présente à toutes les saisons. Au printemps, je me dis " plus tard, quand le jardin sera tellement sec que plus rien d'autre ne sera présentable, ou l'hiver quand elle scintillera sous le gel " etc.

Mais aujourd'hui c'est son jour, à cette plante méditerranéenne par excellence ( selon les variétés, on la trouve en Grèce, Crète, Turquie, Espagne, Croatie, Italie ). Il semblerait qu'elle soit  peu connue car j'en vois rarement dans les jardins. Je me demande bien pourquoi : elle est idéale pour les jardins " secs" .Nous en avons trois différentes qui résistent à tout: le sol caillouteux, argilo-calcaire,  sécheresse, la canicule, le froid, le gel. Ce qu'elle apprécie moins, comme la plupart de ses camarades du pourtour méditerranéen, c'est l'humidité stagnante.

Je les ai installées chez nous là où les santolines avaient toutes crevé ou très mal tourné. Ci-dessous, à l'angle de la restanque qui porte maison et terrasse, au sud dans le remblai du mur de soutènement , c'est à dire en plein cagnard. Elles se portent  à merveille.

Au printemps dernier: elles sont à droite entre l'armoise arborescente -au fond- et le Népeta X Faassenii à la floraison bleue. ( A gauche, le gros coussin rose pâle,  c'est le ciste Skanbergii . Les sphères violacées sont celles de L'allium Cristophii qui a daigné fleurir cette année, encouragé par les pluies printanières).

DSC02872De près: La ballote est une vivace qui forme un beau coussin aux tiges dressées d'un diamètre moyen d'une cinquantaine de centimètres, pour une hauteur de 50 à 80 cm selon les variétés

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les mêmes taillées - tout comme l'armoise arborescente- il y a un mois. En principe je ne taille pas en début d'hiver mais tout avait tellement poussé en cet été chaud et humide que le jardin ne ressemblait plus à rien

 

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En voici d'autres, plantées en bordure de la grande restanque, toujours en plein sud, au printemps

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 et les mêmes il y a quelques jours après avoir été "remises en forme"

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Les ballotes fleurissent au printemps mais  leurs petites fleurs discrètes roses ou blanches m'intéressent moins que leur feuillage: je les coupe sitôt passées.

Le feuillage, j'adore. Persistant, il n'est pas abimé par la pluie et ne sèche, ni ne fane au soleil. C'est la raison pour laquelle les ballotes conservent une tenue irréprochable. Ci-dessous, deux variétés côte à côte:

A gauche Ballota hirsuta, à droite Ballota acetabulosa. Elles ont en commun des feuilles laineuses, un peu plus grandes et ovales , vert olive pour Hirsuta, alors que celles d'Acetabulosa plus petites tirent vers le gris 

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 Gros plans: Ballota hirsuta

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Ballota acetabulosa: un peu plus gauffrée

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la même , festonnée de givre

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Pour finir, ma préférée: Ballota pseudodictamnus aux feuilles arrondies, rosettes délicates d'un gris perle. Elles ne sont pas laineuses mais duveteuses: aussi douces que des oreilles de chatons. Je ne résiste pas à les caresser.

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Adorable pseudodictamnus, qui retient la rosée ou la pluie en gouttelettes scintillantes

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J'espère bien vous avoir donné envie de planter des ballotes, vous pouvez même en avoir dans le Nord ou l'Ouest de la France: à la condition de les installer en terrain draîné et caillouteux et ensoleillé. Vous avez bien un endroit où rien ne pousse? Alors essayez-les !

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17 novembre 2018

De retour! pour une belle récolte

Bonjour à toutes et tous : Me voici de retour.  Je n'avais pas prévu de décrocher si longtemps, seulement voilà: des préoccupations familiales, la maison pleine pendant l'été et quelques absences m'ont tenue éloignée du blog et du jardin. La vie quoi !

D'abord, petit bilan météo: Après un printemps pluvieux, nous avons eu un été très pluvieux ( avec " épisodes" caniculaires quand même - sinon nous ne serions pas dans le Midi), un mois de septembre sec - c'était bien aussi pour notre jardin méditerranéen qui n'apprécie que moyennement les bains prolongés, puis en octobre il s'est remis à pleuvoir, copieusement. Ici, il n'y a que les-très-grincheux ( ou les vacanciers qui s'attendent à ce qu'il fasse toujours beau en Provence ) pour se plaindre de la pluie. Moi, je me réjouis d'autant plus qu'on peut espérer un retour à la normale du niveau des nappes phréatiques ( n'ayant pas accès à l'eau "municipale" , nous dépendons de notre forage).

Côté jardin, à l'exception de deux ou trois sujets qui n'ont pas survécu à cette hydratation intense,  sans doute déjà fragilisés par l'extrême sécheresse de l'été 2017, tout le monde se porte à merveille. Je n'avais pas de temps pour le blog ni pour le jardin: je n'y est donc rien fait sauf deux ou trois sérieux nettoyages. J'ai fait ce que je ne fais jamais en période de sécheresse: j'ai retiré les fleurs séchées pourrissantes,  j'ai taillé et un peu rabattu les plantes qui s'étaient avachies sous la pluie et se répandaient sur leur voisine. A la fin de l'été, le jardin était vert. L'herbe avait poussé sur les restanques et pour un peu ( les oliviers ), on se serait cru en Normandie. 

Les oliviers, parlons-en. En octobre nous étions en vadrouille et sommes rentrés pour ramasser les olives. Fin octobre et jusqu'à ces derniers jours, il a plu sans discontinuer. Heureusement le temps s'est remis au beau ce lundi et nous avons pu cueillir sous un ciel dégagé, mais les pieds dans la "colle"car notre sol argoilo-calcaire "péguait " sacrément.

Cette année, très bonnes récoltes partout sur la commune: les oliviers heureusement épargnés par la "mouche" ( qui est toujours à craindre lors des étés humides et qui vous ruine une récolte en moins de deux) ont beaucoup donné. Chez nous aussi, récolte record: 700 kilos ramassés en 4 jour par une équipe efficace: merci à Alain, Emmanuelle et Pascal venus en renfort.

Qui dit excellente récolte dit tout pour être heureux ? Ben, non. Au moulin à huile, on fait la grimace: "cette année: ça coule pas ! ". Traduction: faible rendement.Normalement, ça coule à 19%, voire 20%, c'est à dire qu'avec 5 kilos d'olives on obtient 1 litre d'huile. Cette année le pourcentage pour notre production ( plutôt bon par rapport aux autres producteurs) est tombé à 13%, soit 8 kilos de fruits triturés pour 1 litre. Pourquoi ? les olives ont trop bu et se sont gorgées d'eau. Nous, nous sommes malgré cela très contents.

Aujourd'hui , seulement des photos car les années précédentes je vous ai pratiquement tout dit, sur la récolte, les olives et le triturage :Si cela vous intéresse,  vous retrouverez tous ces messages en allant dans la rubrique Catégories: oliveraie.

Les cueilleurs en action

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 Pour les gros arbres: cueillette au "peigne", avec filet au sol

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 Olives rassemblées dans le filet avant d'être déversées dans une caissette

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 Cette année, plusieurs voyage pour emporter les olives au moulin et comme nous n'avions pas assez de caissettes, tous les contenants possibles ont été réquisitionnés: sac à courses, paniers...

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 Et pour finir:  fin de soleil couchant après la pluie vu par la trouée du "Talus"

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 Au fait: aujourd'hui, il pleut de nouveau !

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01 juillet 2018

les mêmes qu'à la maison: sur le Sentier des Dieux

De retour d'une petite virée dans la région de Naples, je ne résiste pas à vous montrer les plantes méditerranéennes rencontrées lors de notre randonnée sur la côte almafitaine. Ces plantes, nous avons les mêmes à la maison: à l'état sauvage ou domestiquées elles sont présentes sur tout le pourtour méditerranéen.

Le Sentier des Dieux longe la côte almafitaine, nous l'avons emprunté de Praiano à Positano:

DSC03040Aller voir ailleurs est un bon moyen de mieux comprendre ce qui se passe ( ou ne se passe pas) chez soi: quand j'ai vu ces bouquets de santolines rivés à la paroi rocheuse, j'ai compris pourquoi elles n'avaient pas supporté notre terrain argilo-calcaire

DSC03035Par contre, genêts de sparte et valériane sont tout-terrain

DSC03036Le romarin, aussi, défleuri mais en buissons abondants

DSC03070Ce Sentier des Dieux recèle des merveilles, villages accrochés et jardins suspendus: travail remarquable de la pierre sèche à flanc de montagne, pour créer ces restanques où poussent vigne, cultures vivrières et peut-être aussi les gros citrons juteux que proposent les buvettes: si rafraichissants pressés, en "granité" ou en suave et acidulé  Limoncello

DSC03048Ici aussi, le gentil coquelicot, qui se plaît partout où l'on veut bien de lui

DSC03037Le ciste en fleurs, en coussins bas. Lequel ? je ne sais pas.

DSC03046La vipérine ( Echium )

DSC03032-001le pistachier térébinthe fixé lui aussi à la paroi

DSC03064et dans la catégorie des petites choses fragiles... qui ne le sont pas: Le lin, toujours aussi frais, je n'en ai vu que du blanc

DSC03052le liseron, d'un rose si délicat

DSC03061et solitaire , ce ravissant petit oeillet

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Impressionnant n'est ce pas? quel courage, quelle tenacité que ceux des habitants des villages de cette côte, et de leur meilleurs amis...

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.. .les mulets, qui transportent de la route en amont tout. Tout, absolument tout: les vivres, les bouteilles de gaz et , ci-dessous,  des sacs de plâtre et les briques entassées plus haut

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Sur cette côte almafitaine, il ne gèle pratiquement mais la végétation est exposée aux embruns comme sur tous les littoraux