Des Pierres dans mon Jardin sec

11 décembre 2018

Un jardin sec sans Ballotes, c'est ballot !

Cela fait longtemps que je veux vous parler des ballotes, Je ne vous en ai pas parlé plus tôt, car j'ai sans cesse reporté à plus tard. Pourquoi ? parce que la ballote est  belle et présente à toutes les saisons. Au printemps, je me dis " plus tard, quand le jardin sera tellement sec que plus rien d'autre ne sera présentable, ou l'hiver quand elle scintillera sous le gel " etc.

Mais aujourd'hui c'est son jour, à cette plante méditerranéenne par excellence ( selon les variétés, on la trouve en Grèce, Crète, Turquie, Espagne, Croatie, Italie ). Il semblerait qu'elle soit  peu connue car j'en vois rarement dans les jardins. Je me demande bien pourquoi : elle est idéale pour les jardins " secs" .Nous en avons trois différentes qui résistent à tout: le sol caillouteux, argilo-calcaire,  sécheresse, la canicule, le froid, le gel. Ce qu'elle apprécie moins, comme la plupart de ses camarades du pourtour méditerranéen, c'est l'humidité stagnante.

Je les ai installées chez nous là où les santolines avaient toutes crevé ou très mal tourné. Ci-dessous, à l'angle de la restanque qui porte maison et terrasse, au sud dans le remblai du mur de soutènement , c'est à dire en plein cagnard. Elles se portent  à merveille.

Au printemps dernier: elles sont à droite entre l'armoise arborescente -au fond- et le Népeta X Faassenii à la floraison bleue. ( A gauche, le gros coussin rose pâle,  c'est le ciste Skanbergii . Les sphères violacées sont celles de L'allium Cristophii qui a daigné fleurir cette année, encouragé par les pluies printanières).

DSC02872De près: La ballote est une vivace qui forme un beau coussin aux tiges dressées d'un diamètre moyen d'une cinquantaine de centimètres, pour une hauteur de 50 à 80 cm selon les variétés

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les mêmes taillées - tout comme l'armoise arborescente- il y a un mois. En principe je ne taille pas en début d'hiver mais tout avait tellement poussé en cet été chaud et humide que le jardin ne ressemblait plus à rien

 

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En voici d'autres, plantées en bordure de la grande restanque, toujours en plein sud, au printemps

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 et les mêmes il y a quelques jours après avoir été "remises en forme"

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Les ballotes fleurissent au printemps mais  leurs petites fleurs discrètes roses ou blanches m'intéressent moins que leur feuillage: je les coupe sitôt passées.

Le feuillage, j'adore. Persistant, il n'est pas abimé par la pluie et ne sèche, ni ne fane au soleil. C'est la raison pour laquelle les ballotes conservent une tenue irréprochable. Ci-dessous, deux variétés côte à côte:

A gauche Ballota hirsuta, à droite Ballota acetabulosa. Elles ont en commun des feuilles laineuses, un peu plus grandes et ovales , vert olive pour Hirsuta, alors que celles d'Acetabulosa plus petites tirent vers le gris 

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 Gros plans: Ballota hirsuta

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Ballota acetabulosa: un peu plus gauffrée

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la même , festonnée de givre

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Pour finir, ma préférée: Ballota pseudodictamnus aux feuilles arrondies, rosettes délicates d'un gris perle. Elles ne sont pas laineuses mais duveteuses: aussi douces que des oreilles de chatons. Je ne résiste pas à les caresser.

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Adorable pseudodictamnus, qui retient la rosée ou la pluie en gouttelettes scintillantes

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J'espère bien vous avoir donné envie de planter des ballotes, vous pouvez même en avoir dans le Nord ou l'Ouest de la France: à la condition de les installer en terrain draîné et caillouteux et ensoleillé. Vous avez bien un endroit où rien ne pousse? Alors essayez-les !

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17 novembre 2018

De retour! pour une belle récolte

Bonjour à toutes et tous : Me voici de retour.  Je n'avais pas prévu de décrocher si longtemps, seulement voilà: des préoccupations familiales, la maison pleine pendant l'été et quelques absences m'ont tenue éloignée du blog et du jardin. La vie quoi !

D'abord, petit bilan météo: Après un printemps pluvieux, nous avons eu un été très pluvieux ( avec " épisodes" caniculaires quand même - sinon nous ne serions pas dans le Midi), un mois de septembre sec - c'était bien aussi pour notre jardin méditerranéen qui n'apprécie que moyennement les bains prolongés, puis en octobre il s'est remis à pleuvoir, copieusement. Ici, il n'y a que les-très-grincheux ( ou les vacanciers qui s'attendent à ce qu'il fasse toujours beau en Provence ) pour se plaindre de la pluie. Moi, je me réjouis d'autant plus qu'on peut espérer un retour à la normale du niveau des nappes phréatiques ( n'ayant pas accès à l'eau "municipale" , nous dépendons de notre forage).

Côté jardin, à l'exception de deux ou trois sujets qui n'ont pas survécu à cette hydratation intense,  sans doute déjà fragilisés par l'extrême sécheresse de l'été 2017, tout le monde se porte à merveille. Je n'avais pas de temps pour le blog ni pour le jardin: je n'y est donc rien fait sauf deux ou trois sérieux nettoyages. J'ai fait ce que je ne fais jamais en période de sécheresse: j'ai retiré les fleurs séchées pourrissantes,  j'ai taillé et un peu rabattu les plantes qui s'étaient avachies sous la pluie et se répandaient sur leur voisine. A la fin de l'été, le jardin était vert. L'herbe avait poussé sur les restanques et pour un peu ( les oliviers ), on se serait cru en Normandie. 

Les oliviers, parlons-en. En octobre nous étions en vadrouille et sommes rentrés pour ramasser les olives. Fin octobre et jusqu'à ces derniers jours, il a plu sans discontinuer. Heureusement le temps s'est remis au beau ce lundi et nous avons pu cueillir sous un ciel dégagé, mais les pieds dans la "colle"car notre sol argoilo-calcaire "péguait " sacrément.

Cette année, très bonnes récoltes partout sur la commune: les oliviers heureusement épargnés par la "mouche" ( qui est toujours à craindre lors des étés humides et qui vous ruine une récolte en moins de deux) ont beaucoup donné. Chez nous aussi, récolte record: 700 kilos ramassés en 4 jour par une équipe efficace: merci à Alain, Emmanuelle et Pascal venus en renfort.

Qui dit excellente récolte dit tout pour être heureux ? Ben, non. Au moulin à huile, on fait la grimace: "cette année: ça coule pas ! ". Traduction: faible rendement.Normalement, ça coule à 19%, voire 20%, c'est à dire qu'avec 5 kilos d'olives on obtient 1 litre d'huile. Cette année le pourcentage pour notre production ( plutôt bon par rapport aux autres producteurs) est tombé à 13%, soit 8 kilos de fruits triturés pour 1 litre. Pourquoi ? les olives ont trop bu et se sont gorgées d'eau. Nous, nous sommes malgré cela très contents.

Aujourd'hui , seulement des photos car les années précédentes je vous ai pratiquement tout dit, sur la récolte, les olives et le triturage :Si cela vous intéresse,  vous retrouverez tous ces messages en allant dans la rubrique Catégories: oliveraie.

Les cueilleurs en action

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 Pour les gros arbres: cueillette au "peigne", avec filet au sol

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 Olives rassemblées dans le filet avant d'être déversées dans une caissette

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 Cette année, plusieurs voyage pour emporter les olives au moulin et comme nous n'avions pas assez de caissettes, tous les contenants possibles ont été réquisitionnés: sac à courses, paniers...

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 Et pour finir:  fin de soleil couchant après la pluie vu par la trouée du "Talus"

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 Au fait: aujourd'hui, il pleut de nouveau !

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01 juillet 2018

les mêmes qu'à la maison: sur le Sentier des Dieux

De retour d'une petite virée dans la région de Naples, je ne résiste pas à vous montrer les plantes méditerranéennes rencontrées lors de notre randonnée sur la côte almafitaine. Ces plantes, nous avons les mêmes à la maison: à l'état sauvage ou domestiquées elles sont présentes sur tout le pourtour méditerranéen.

Le Sentier des Dieux longe la côte almafitaine, nous l'avons emprunté de Praiano à Positano:

DSC03040Aller voir ailleurs est un bon moyen de mieux comprendre ce qui se passe ( ou ne se passe pas) chez soi: quand j'ai vu ces bouquets de santolines rivés à la paroi rocheuse, j'ai compris pourquoi elles n'avaient pas supporté notre terrain argilo-calcaire

DSC03035Par contre, genêts de sparte et valériane sont tout-terrain

DSC03036Le romarin, aussi, défleuri mais en buissons abondants

DSC03070Ce Sentier des Dieux recèle des merveilles, villages accrochés et jardins suspendus: travail remarquable de la pierre sèche à flanc de montagne, pour créer ces restanques où poussent vigne, cultures vivrières et peut-être aussi les gros citrons juteux que proposent les buvettes: si rafraichissants pressés, en "granité" ou en suave et acidulé  Limoncello

DSC03048Ici aussi, le gentil coquelicot, qui se plaît partout où l'on veut bien de lui

DSC03037Le ciste en fleurs, en coussins bas. Lequel ? je ne sais pas.

DSC03046La vipérine ( Echium )

DSC03032-001le pistachier térébinthe fixé lui aussi à la paroi

DSC03064et dans la catégorie des petites choses fragiles... qui ne le sont pas: Le lin, toujours aussi frais, je n'en ai vu que du blanc

DSC03052le liseron, d'un rose si délicat

DSC03061et solitaire , ce ravissant petit oeillet

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Impressionnant n'est ce pas? quel courage, quelle tenacité que ceux des habitants des villages de cette côte, et de leur meilleurs amis...

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.. .les mulets, qui transportent de la route en amont tout. Tout, absolument tout: les vivres, les bouteilles de gaz et , ci-dessous,  des sacs de plâtre et les briques entassées plus haut

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Sur cette côte almafitaine, il ne gèle pratiquement mais la végétation est exposée aux embruns comme sur tous les littoraux

19 juin 2018

Les thyms couvre-sol du jardin méditerranéen

Je raffole des plantes couvre-sol, elles isolent le sol, festonnent les bordures et sont une bonne alternative au "gazon" inenvisageable dans un jardin sec. Parmi les couvre-sol de notre jardin je vous ai déjà présenté la tanaisie, le lippia, l'achillée, le sedum.

On pense rarement au thym car qui dit thym dit "touffe", alors qu'il existe des thyms couvre-sol. Nous en avons trois très différents au jardin:

Tout d'abord le Thym Ciliatus, cette masse mauve foncé à l'entrée de la grande restanque

DSC01274En mai, en fleur. Véritable couvre-sol, Thymus ciliatus ne dépasse pas 5 cm de hauteur, il se développe en large tapis

DSC01236qui gagne peu à peu sur les gravillons

DSC02792j'adore son feuillage gris verdâtre très poilu, d'une douceur qui appelle la caresse

DSC02668Charmante et abondante floraison rose tirant sur le parme au printemps

DSC01216Voici l'état de la bête fin septembre dernier, après 4 mois de sécheresse, on dit qu'il perd ses feuilles en période de sécheresse, chez nous elles se sont contentées de sécher

DSC00350Un autre thym rampant, le Thym Longicaulis: ses feuilles sont très différentes de celles du ciliatus: étroites et allongées, d'un vert franc

DSC02669Il avance gràce à ses longues tiges arquées et forme un tapis dense de 15 à 20 cmde hauteur, sa floraison printanière est d'un rose vif

DSC02671En septembre dernier, grillé. La plante n'a nullement été endommagée, je ne l'ai pas rabattue, les tiges sont restées bien vivantes .Les feuilles ont simplement repoussé

DSC00348Enfin, le plus rampant des trois: Une curiosité: Le Thym Spinulosus, qui se plaît sur les pentes arides et rocailleuses. Il est par conséquent installé à flanc de talus. Plus que rampant, il est nappant.

DSCN5394Couvre-sol vigoureux, il est très plat : 1 à 3 cm de hauteur ! ses petites feuilles sont vert foncé et légèrement poilues à leur base

DSC02683Il forme un large tapis peu dense grâce à ses très longues tiges rougeâtres

DSCN5395Gilles-mon-époux ne l'aime pas beaucoup, Son aspect arachnéen le met mal à l'aise: il ne le trouve pas beau. Délit de sale gueule! Si je l'écoutais, je l'arracherais...Je le trouve au contraire bien intéressant. Tellement différent des autres thyms. J'aime la façon dont il épouse le sol et les obstacles comme cette pierre

DSC00710Il fleurit blanc rosé au printemps , beaucoup plus abondamment que ne le montre la photo que j'ai prise trop tôt. En cas de grande sécheresse, les feuilles disparaissent pour mieux renaître l'année suivante

DSC06381Tous les couvre-sol que je vous ai montrés n'ont qu'un inconvénient: comme ils fleurissent, il faut éviter d'y marcher pieds nus au risque de se faire piquer par une butineuse

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13 juin 2018

Prince de Mai: Le Ciste Oblongifolius

Oui, oui, je sais, le mois de Mai est terminé. Les cistes cependant sont aussi beaux en juin, leur floraison s'étale sur deux bons mois. J'aime les cistes comme vous savez. Les cistes à la floraison si généreuse sont les arbustes emblématiques du jardin méditerranéen. Nous en avons chez nous une quinzaine de sortes différentes, je n'ai pas fini de vous les présenter. Le ciste est parfois dédaigné: Il serait " invasif " , lui qui renaît sur les terres brûlées, " vulgaire "? il faut dire qu'il est si résistant qu'il festonne les autoroutes. Je l'aime, le ciste, pour son feuillage qui varie d'une espèce à l'autre du bronze au gris argent, pour ses fleurs, certes éphémères, mais aux coloris si frais, si lumineux. Le ciste, sobre, résistant au froid, au gel, à la sécheresse est un indispensable du jardin "sec", économe en eau.

Le ciste d'aujourd'hui est le Ciste X Oblongifolius. Il voisine harmonieusement avec le Phlomis Fruticosa dont je viens de vous parler et que vous voyez au fond. le Phlomis est un peu plus grand que le ciste. Le ciste X Oblongifolius, en principe, mesure environ 80 cm: chez nous, là où il se plaît, il atteint 1 20 m

DSC02948Le jaune d'or du coeur et des étamines rappelle celui des fleurs du Phlomis fruticosa

DSC02949Ce ciste pourrait facilement être confondu avec le ciste de Montpellier: même port, approximativement même taille, fleurs d'un blanc pur au coeur jaune. Toutefois, les fleurs de X Oblongifolius sont plus grandes ( 3/4 cm de diamètre) et leurs 5 pétales plus arrondis

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DSC02880Les feuilles sont, comme celles du Ciste de Montpellier, collantes bien que moindrement, mais plus larges

DSC02950Le Ciste X oblongifolius, est couvert de fleurs pendant deux mois. Que demander de plus? Ce qu'il n'aime pas, mais pas du tout ? le bain de pied prolongé. J'avoue avoir, en ce moment, un peu peur pour les cistes: il continue de pleuvoir tous les jours ou presque et notre sol argilo-calcaire est gorgé d'eau dans les zones moins draînées... on verra bien

DSC02700Comme il pleut énormément, tout pousse. Y compris les adventices qui s'en donnent à coeur joie: chiendent, toujours en tête, mais aussi une petite avoine qui recouvre tout. Donc, entre deux averses:  nettoyage et découverte de cette beauté alanguie sous un gaura:

DSC02993Une chenille grosse comme le petit doigt, magnifiques le dessin et les couleurs. De profil et 3/4 face: vous remarquez sa corne ( scolus) ?

DSC02994En marche!

DSC02995J'ai un peu cherché: elle ressemble à la chenille du Sphinx de l'Euphorbe, ce qui serait plausible considérée la quantité d'euphorbes que nous avons ici. Mais elle ressemble seulement. Si vous en savez plus...

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06 juin 2018

Le Phlomis, indispensable du jardin méditerranéen

Quand Isabelle et Benoît ( mes pépiniéristes chéris) m'ont dit que les Phlomis ( Sauge-de-Jérusalem ) étaient les mal-aimés du jardin méditerranéen et que leurs clients rechignaient à les installer chez eux, ça m'en a bouché un coin. J'ai réalisé alors que je ne vous en avais pas encore parlé.

Les Phlomis qui appartiennent à la même famille que les sauges, les Lamiaceae, sont des indispensables du jardin méditerranéen qui se veut économe en eau pour leur résistance, leur port qui structure, leur hampes qui présentent un intérêt graphique évident. De plus, ils s'accommodent du gel, de l'aridité, de la chaleur. Nous en avons plusieurs au jardin.

Celui dont il est question aujourd'hui, est le plus imposant des nôtres: Le Phlomis fruticosa ( aussi appelé: Sauge-en-arbre, Bouillon-Blanc-de-Sicile, Phlomis ligneux ) . 

Il est là, ce grand arbuste arrondi, piqueté de fleurs jaune. Nous en avons deux exemplaires sur la grande restanque

DSC02955Un autre, ci-dessous, sur la plate-bande Est, posé en bordure de muret, un endroit particulièrement exposé face Nord au gel et au vent, au Sud au soleil à longueur de journée. Sol caillouteux et aride. A sa gauche, vert très foncé: Le ceanothe 'La Concha', ils fleurissent successivement.

DSC02971Le Phlomis fruticosa est un grand arbuste majestueux - il atteint chez nous 1,50m - au port harmonieux. De son feuillage dense émergent au printemps des hampes porteuses de fleurs d'un beau jaune d'or.

DSC02956Dont voici les boutons: stade 1

DSC02960Stade 2: mignons n'est-ce-pas? à ce stade ils mesurent environ 2/3 cm

DSC02959la fleur, avec ses pétales qui rappellent ceux du genêt, assez grosse ( 5 cm)

DSC02961Particulier: du coeur de la fleur surgit un étage supplémentaire qui produira une nouvelle fleur

DSC02962C'est ainsi que se renouvelle la floraison durant le printemps

DSC02975Les feuilles grandes, duveteuses rappellent celles des sauges dont elles n'ont pas l'odeur caractéristique. Persistantes, elles sont d'un beau vert légèrement doré qui réchauffe l'hiver

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DSC02970Alors, pas de jardin méditerranéen, sec, sans Phlomis

30 mai 2018

Le chêne et le lin... ou l'état d'un jardin sec qui a survécu à un été torride

Depuis mon dernier message, j'ai écouté la pluie tomber sur mon jardin sec. Il pleut tous les jours à quelques exceptions près. Pas toute la journée. Tantôt une giboulée, souvent des orages l'après-midi ou en soirée. La nuit aussi. Tous les jours c'est "Jean-qui-rit-Jean-qui-pleure". Qu'il pleuve encore ainsi fin mai  ravit les jardinier(e)s, les paysan(ne)s, les berger(e)s et fait râler tous les autres. Moi, je suis contente pour les nappes phréatiques qui se rechargent, la beauté différente des petits matins brumeux ( photos prises hier à 7h)

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DSC02939contente pour les plantes et le jardin après le très rude été passé . Maintenant que les plantes sont reparties, il est possible de faire le bilan de ces sept mois de sécheresse relevés d'épisodes caniculaires.

Ce sont les arbres qui ont le plus souffert de la sécheresse, partout. Ici, nous avons perdu.. .un chêne adulte, beau sujet isolé

DSC02781Certains arbustes ont souffert et  OH ! surprise!  ce sont les cistes - arbustes méditerranéens par excellence- qui ont le plus souffert chez nous. J'ai perdu un ciste 'oblongifolius' sur le talus et nous avons deux cistes 'x skanbergi' mourants.Cela se passe toujours de la même façon: ils jaunissent et brunissent en un rien de temps ... et terminé: A gauche le pied moribond, à droite, superbement fleuri, un sujet indemne

DSC02888j'ai aussi perdu un genêt d'Espagne sur deux, arbuste méditerranéen très résistant.

C'est tout ce que nous avons perdu. C'est très peu après sept mois de sécheresse entre la journée torrentielle du 2 mai 2017 et la neige du début décembre: 4 légères pluies en  tout, aucune grosse pluie automnale. Je n'ai pas arrosé le jardin de l'été ( sauf les très jeunes plantes reperées par un piquet de bambou). Les quatre légères pluies ont certainement fait office d'arrosage de "survie" - suffisamment d'humidité pour assurer la survie du système racinaire mais pas assez pour " réveiller" les plantes. Important, car les plantes méditerranéennes entrent en dormance l'été. Leur façon de se protéger.

Les vivaces ont très bien tenu. comme le lin qui avait disparu en fin d'été et qui est reparti, magnifique

DSC02687Le lin, si tendre, si frais, si délicat ... petite pensée pour Jean de La Fontaine

DSC02686Petite séquence de comparaison: j 'ai ressorti quelques photos prises en septembre dernier.

Parmi les arbustes: très bonne surprise, le Seringat (Philadelphus Belle étoile)- le squelette maronnasse au premier plan- j'aurais donné mon billet qu'il ne survivrait pas. ( à propos: l'oranger du Mexique vert, à droite, a bien tenu mais je l'ai viré car il était chlorotique et végétait).

DSC00332Le voici, ces jours-ci: Il est superbe et délicieusement parfumé. Comme quoi, la vie nous surprendra toujours

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DSC02946Continuons la comparaison entre septembre ( fin octobre, c'était pire) et maintenant avec des zones plus larges:

La bordure de la grande restanque: au premier plan l 'euphorbe Ceratocarpa. Derrière tout aussi grillée L'armoise arborescente

DSC00342qui ont retrouvé leur splendeur

DSC02824Ci-dessous, les Phlomis Russeliana secs et complètement flapis

DSC00347Les voici, verts et touffus...sans parler des graminées

DSC02909La partie médiane - rocaille plane- de la grande restanque

DSC00343devant, un ail ( miracle, avec la pluie tous les aulx absents l'an dernier sont revenus), à gauche Gaura lindheimeiri  ,puis Origan 'Kent beauty' ( qui tapisse la pierre) etc. Cette photo a été prise il y deux semaines: les vivaces pour la plupart ne sont pas encore fleuries: l'hiver, ici, a été long et froid.

DSC02673Et encore

DSC00341Euphorbe Ceratocarpa et armoise arborescente. Derrière, devant: à gauche Nepeta X Faasenii et Stachys byzantina ( oreilles d'ours)

DSC02675Et pour finir à l'entrée de la maison: des Cistes : au premier plan un ciste cotonneux ( cistus Albidus), de l'autre côté de l'escalier, Cistus X purpureus et X Skanbergi

DSC00330Les mêmes vus de face

DSC02787Bon, si ,après tout cela, vous n'êtes pas convaincu(e)s des gros avantages d'un jardin économe en eau ( en plus de sa beauté)...

27 avril 2018

Iris sauvages du jardin méditerranéen

En tout début de printemps, le jardin est à dominante jaune, celui, jaune d'or, des narcisses, des Hertia Cherifolia, celui, acide, des euphorbes. Jaune relevé du bleu diffus des romarins.

Puis fleurissent les Iris. J'adore les Iris sauvages de Provence. D'abord Iris Germanica, peint par Van Gogh. Un bonheur du jardin "sec"méditerranéen

Il pousse à l'état sauvage, sur les talus, en bordure de route.  Il ponctue de son bleu violacé notre campagne. Chez nous, il pousse sur une parcelle volontairement laissée en friche, en arrière, le nuage blanc, des fleurs de Passerage ( Lepidum draba) une herbacée vivace envahissante qui n'hésite pas à coloniser le jardin

DSC02623Il peut aussi s'installer au pied d'un olivier

DSC02636ou à l'angle du garage.

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DSC02619Ce sauvage, solide, résistant qui ne craint ni le froid ni la sécheresse se laisse volontiers domestiquer

DSC02621Quand nous sommes arrivés , il y en avait partout. nous en avons récupéré beaucoup  dans l'écroulement de murs au moment des travaux de réhabilitation de la maison et de la création du jardin. C'était en fin d'été: j'ai coupé les feuilles à 2 ou 3 cm du rhizome, nettoyé, divisé celui-ci, retiré les radicelles en mauvais état. J'ai ensuite mis tout ce petit monde en jauge au bord d'un talus. Nous les avons ensuite installés en divers endroits au fur et à mesure: comme ici, sous le bouquet de chênes au Nord de la maison où pas grand-chose ne pousse.

DSC02629Ce bouquet de chênes somptueux butte sur l'escalier d'accès à notre porte d'entrée, nous avons planté cette bordure ingrate, en pente et desséchée en permanence de romarins, de cistes ... et d'iris

DSC02609Gilles-mon-époux les a plantés entre les romarins et les chênes, il leur a bien fallu 3 ans pour prospérer et fleurir

DSC02617Ils sont de plus en plus vigoureux

DSC02614Un petit mot sur cette table d'extérieur aperçue sous les chênes deux ou trois photos plus haut, le propriétaire précédent nous en avait laissé plusieurs, nous n'avons conservé que celle-ci. C'est lui qui les a faites selon une méthode éprouvée dans le coin: Du ciment coulé à l'intérieur du cercle d' une roue de charette. Une fois la galette prise, elle est posée sur un cylindre du même ciment. Cette table d'un diamètre respectable doit avoir une soixantaine d'année ! Mobilier robuste et vintage. Si cela vous tente, reste à vous procurer une roue.

DSC02613Pour finir, voici l'autre iris sauvage que l'on trouve ici:  L'Iris Lutescens ou "petit iris des garrigues", il est trapu, campé sur une tige courte, ses couleurs, bleu, jaune, violet ou pourpre, sont magnifiques et il pousse dans les zones arides et ventées, cette photo a été prise il y a quelques jours lors d'une ballade sur la Crête.

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16 avril 2018

Y a d' la joie !

Le printemps est là. Bien là. Après une semaine de pluies abondantes le soleil est revenu. Hiver humide et froid. Début de printemps pareil, et je dois vous avouer que cela m'a bien arrangée. En effet, des impératifs familiaux m'ont tenue éloignée de la maison et du jardin en ce début d'année...pas le temps de nettoyer, crainte de ne pas  rabattre les graminées avant qu' elles "repartent". Heureusement  hiver et début de printemps froids signifient végétation très en retard. Ce qui m'a laissé le temps de faire ... à temps.

J"ai nettoyé et comme j'avais quelques trous  à combler , j'ai un peu planté encouragée par la pluie. Visite à ma pépinière chérie:

En haut à gauche :1 Cistes X Purpureus 'Alan Fradd', et 1 Romarin rose (Rosmarinus off 'rosea'). En dessous à gauche 4  Teucrium X Lucydris en remplacement de 4 graminées Stipa Trichotoma devenues trop moches en vieillissant, en haut à droite une Centaurée argentea ssp Chionantha - dont j'ai oublié si elle sera rose ou blanche - pour remplacer un oeillet qui ne se plaisait pas enfin en bas à droite 4 Lithodora Zahanii pour remplacer 4 stipa décaties

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A gauche 2 graminées Pipthatherum Miliaceum si belles et légères, 2 Cistes X oblongifolius ( ça, c'est pour Gilles-mon époux qui veut meubler un petit talus plus loin), juste devant 1 Dianthus Carthusianum qui rejoindra les autres déjà installés et à droite, 3 nouveautés: j'aime bien à chaque saison essayer de nouvelles plantes... histoire de voir: au fond à droite un Dalea bicolor var.argyraea, devant un peu hirsute et argenté: un Ptilostemon chamapeuce et à droite un Lupin Albifron, dont j'avais complètement oublié que j'en avais déjà installé un en décembre, pas grave.

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Qui dit végétation en retard dit floraisons encore rares: heureusement il y a les jonquilles  avec en arrière-plan les Phlomis Russeliana ( variété basse) et les graminées qui se réveillent

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Les Narcisses Tazetta

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Et les romarins... celui-ci Alba

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Celui-ci rose Rosmarinus off ' Majorkan Pink' attire particulièrement les abeilles charpentières ( Xylocopa violacea) pollinisatrices efficaces

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Exceptés, le bleu et plus rarement le rose et le blanc apportés par les romarins , le jardin est à dominance jaune en ce moment: celui du couvre-sol Hersia Cherifolia

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Celui des Euphorbes Rigida qui ont fleuri tout l'hiver: remarquable garde-manger pour les insectes. Je monte le son: Bzzzzz , Bzzzzz, Bzzzzzzz

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Abeilles, guêpes dodues ou minuscules s'y bousculent

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11 mars 2018

Du mouron pour les petits oiseaux ?

L'autre jour, il a beaucoup neigé, sur mon jardin "sec". Le lendemain, il a beaucoup plu. Tout a fondu. Et depuis il pleut, pas tous les jours mais presque. Si cela pouvait continuer ainsi jusqu'à fin avril... Cela se pourrait car ici, en Provence, le printemps est pluvieux enfin ...était. Naguère.

Ici, pas de mouron pour les petits oiseaux: des graines de tournesol. La mangeoire, le spectacle vivant de l'hiver

Tout beau, tout nouveau: Le Gros-bec. C'est la première année que nous en voyons. Immédiatement reconnu par notre amie Danielle à son bec énorme

DSC02415Nous en avons repéré deux. Un couple?

DSC02418Un bon gros pépère comparé à la gracieuse mésange. Ci-dessous, charbonnière

DSC02419 La charbonnière, comme la Mésange bleue ne sont pas du tout facile à photographier car elles ne restent pas sur la mangeoire

DSC02437Picoreuse, la mésange arrive de son vol ondulant, attrape une graine et déguerpit

DSC02423Il faut dire que les seigneurs de la mangeoire ne lui laissent pas le loisir de s'attarder. Les seigneurs de la mangeoire? c'est qui ? NOUS !

DSC02426les Chardonnerets élégants. Les beaux gosses du quartier. Nombreux chez nous, ils tiennent le haut du pavé et font la loi.

DSC02424 Ils occupent la mangeoire et gare à celles et ceux qui voudraient la ramener

DSC02425Pourtant Les Verdiers, qui s'empiffrent eux aussi, leur tiennent tête: C'est alors  rififi chez les p'tits zoiseaux...

DSC02435et gros bazar à la mangeoire: Les graines volent par dessus bord pour le plus grand bonheur de ceux qui n'attendent que ça pour les becqueter

DSC02436Celui-ci est adorable...qui ressemble à un Verdier mais en gris et en plus rond, il a l'air tout doux.  Qu'est-ce-que c'est ?

DSC02450Nous avons aussi d'autres oiseaux dont quelques rouges-gorges, mais ils ont fui la paparazza.

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