De ma visite à LA pépinière en mars 2005, j'étais revenue à la fois émerveillée et découragée car si je savais désormais ce que je voulais, je savais aussi que je ne travaillerais pas avec ces spécialistes pour des raisons d'éloignement.

Nous n'étions pas dans l'urgence: les travaux de la maison n'étaient pas entamés et le jardin était encore un projet lointain. Je pensais mollement à l'avenir quand un entrefilet de La Gazette des Jardins m'a arrêtée:  " On nous a signalé l'ouverture d'une pépinière spécialisée en plantes adaptées au froid et à la sécheresse: Pépinière de l'Armalette - Chemin de La Piscine -  à Sillans-La-Cascade". 

Sillans-La-Cascade étant à une petite demi-heure de chez nous, nous n'avons pas tardé à y aller faire un tour. Nous avons découvert une petite pépinière: rien de plus normal, ils avaient ouvert 3 ou 4 ans auparavant. Pour un pépiniériste-producteur il faut du temps pour semer, élever, produire en quantité,  en gros, pour constituer son stock.

La pépinière était petite mais l'essentiel y était: les plantes-mères alignées dans leur champ, les semis et les poquets à la vente sous les serres en tunnel. Je ne me suis pas fait remarquer lors de cette première visite sachant que je n'achèterais rien avant longtemps. J'y suis retournée l'année suivante, puis l'année suivante et encore l'année suivante toujours en rasant les murs jusqu'à ce printemps 2008 précédant l'achèvement du chantier de la maison.

D'année en année, j'avais vu la pépinière s'étoffer, s'enrichir de nouvelles espèces tout en restant à dimension humaine et... la dimension humaine , c'était justement ce qu'il me fallait. Comme je n'y connaissais rien, j'étais moins impressionnée. Il y avait du choix, mais un choix sélectif pas un choix pléthorique écrasant. 

En ce printemps 2008, pour la première fois, le pépiniériste, Benoît Beauvallet, nous a abordé: nous lui avons expliqué notre prochaine fin de chantier et notre volonté d'un jardin facile d'entretien et si possible sans arrosage. J'ai tout de suite compris que nous avions affaire à un  professionnel ( j'ai appris par la suite que Benoît avait derrière lui une très solide expérience de jardinier). Nous avons fait ensemble un tour de la pépinière. De quoi nourrir ma réflexion.

Constat amer: Ce n'était pas une plate-bande que nous avions à planter mais un jardin à construire et cela, il était évident que j'en étais incapable même avec l'aide de Gilles,mon époux.

Même en sachant assez précisément ce que je voulais, j'étais incapable de concevoir ce jardin, d'en entreprendre le travail de structure qui demande du savoir-faire, de l'équipement ...et du muscle, incapable de choisir les plantes compatibles avec notre territoire, incapable de les harmoniser entre elles par manque de connaissances.

Que je me sentais Incapable, c'est ce que j'ai dû leur sortir, à Benoît et Isabelle Beauvallet, lors de la visite suivante ...je leur ai aussi demandé s'ils auraient un paysagiste à me conseiller...C'est alors qu'Isabelle, sortant de sa discrétion, a dit qu'elle était également... paysagiste.

Ce jour-là, les dieux du jardin étaient avec nous!

Si Isabelle a dessiné le jardin, c'est à deux qu'ils l'ont conçu, et Benoît s'est chargé des travaux de structure et de plantation. Ces deux-là concentrent dans leur couple une somme rare de compétences.

Je dois l'avouer, c'est eux qui ont tout fait... Et pourtant ce jardin n'est pas un décor , c'est  notre jardin,  sans doute parce qu' ils ont su, ensemble, faire connaissance avec nous, écouter, nous comprendre. Ce jardin est le résultat d'une confiance réciproque.

Si je vous parle d'eux  c'est parce que je leur suis infiniment reconnaissante. Bien sûr nous avons eu des relations commerciales: ils ont travaillé et nous avons payé mais un jardin est bien plus qu' une marchandise... Vous retrouverez souvent Isabelle et Benoît au long de ce blog, car ils continuent à nous accompagner, nous et le jardin.

Le chantier du jardin a commencé en 2008 nous avons procédé par "tranches"...mais ça, c'est "à suivre... "

Ce que je vous souhaite , c'est de trouver Votre pépinière, comme nous avons trouvé L'Armalette. Il se peut qu'il n'y ait pas de pépinières spécialisées en plantes adaptées à la sécheresse près de chez vous : Elles sont généralement installées dans le Sud : c'est la  condition pour acclimater les plantes. Vous pourrez quand même vous procurer ces plantes par les services de vente à distance des pépiniéristes spécialisés en vous souvenant qu'ils ne sont jamais avares de conseils. 

Pour terminer, quelques photos de la Pépinière de L'Armalette prises il y a quelques jours. c'est moins chatoyant qu'au printemps mais j'ai pris le parti dans ce blog de suivre les jours et les saisons... 

D'abord deux photos de la Rocaille - une des spécialité de L'Armalette , puis une photo du champ de plantes-mères ( pas terrible la photo,mais cela donne une toute petite idée)  puis une des plantes conditionnées pour la vente

DSCN6278

DSCN6277

DSCN6282

DSCN6283