Aujourd'hui j'ai  consciencieusement inspecté le jardin pour terminer ce ménage d'automne. En cette veille de l'hiver, pas grand chose à faire contrairement aux années précédentes. L'extrême douceur des deux derniers mois et les pluies généreuses ont ralenti le cycle habituel: les plantes demeurent fraîches, fleuries. C'est le froid qui enclenche l'hibernation, ici le froid nocturne ou la neige: l'an passé elle est tombée fin novembre au moment de l'olivade, nous avons cueilli transis. 

Les plantes se fichent pas mal de notre calendrier, le seul rythme qu'elle suivent est météorologique: elles prennent ainsi de l'avance ou du retard selon les signaux qu'elles reçoivent. De la douceur? C'est le printemps,  elles bourgeonnent , elles fleurissent même en décembre. Tous les jardiniers appréhendent le retour de bâton des gels sévères et tardifs  qui peuvent anéantir en une nuit la promesse d'un verger.

Revenons au ménage par conséquent très modéré: profitons de ces prolongations. Le vrai nettoyage, taille, rabattage, élimination des parties aériennes gelées se fera début mars. Pour les graminées il faut choisir son moment: couper ce qui est sec juste avant que les nouvelles pousses s'y mêlent.

Il y en a pourtant une que j'aime bien ratiboiser de bonne heure : C'est le Pennisetum orientalis qui desséchant tôt ressemble alors à une botte de paille mal fagotée ( voir là), J'utilise cette paille pour protéger les sujets récemment plantés ou ceux dont la rusticité est " limite". Les différents pieds du jardin n'en sont pas au même stade, certains sont encore souples et verts. J'en ai cependant raboté trois:

                                                                                                       Avant:

DSCN6985Après:

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Voyez,  une fois les bottes de Pennisetum  rabattues, le changement: on découvre l'Euphorbe Characias qui était cachée derrière,  les graminées Stipa Achnatherum Calamagrostis dorées apportent leur verticalité structurante. Je les conserverai le plus tard possible. Outre l'utilisation de leur paille, il y a un autre intérêt à couper les Pennisetum: Ce que vous ne pouvez pas voir, c'est qu'entre les grosses pierres ont été plantés les Ceratostigma griffithii , les Pennisetum les maintenaient dans l'ombre alors qu'ils ont besoin de respirer et de recevoir la lumière pour bien s'installer.

 

Autre petite scène avant/ après de nettoyage discret:

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Sur cette mince plate-bande longeant une terrasse, vous apercevez la masse vert vif d'un Choisya Ternat autour, du fouillis: juste à gauche une valériane ramollie, devant, une rangée de Teucrium Hircanicum dont les belles hampes violettes sont sèches, et tout devant, l'ébauche d'une rose trémière, semis spontané

 

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Après le nettoyage, c'est plus net: Les Teucrium hircanicum sont désormais invisibles, ils repartiront du pied au printemps. la rose trémière a eté retirée. Rien de spectaculaire mais c'est propre!

Une petite dernière: la même scène en été puis aujourd'hui:

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Groupe composé de Stipa trichotoma la petite touffe vert clair à gauche, inratable avec ses fleurs jaunes: un Oenothère missouriensis rampant, juste derrière à gauche, feuillage gris et  petites fleurs bleues: un Nepeta x faasenii, enfin, à droite cette magnifique graminée vert franc aux hampes roses violacées c'est le Pennisetum orientalis au meilleur de sa forme


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Voyez ce qui reste: les Stipa trichotoma d'un vert qui tire vers le bronze, le Nepeta dont les feuilles deviennent grises en séchant, juste devant: une ballotte qui était cachée par l'Oenothère, lequel sèche entièrement et disparaît l'hiver: je supprime ce tas marronnasse peu appétissant.  Et à droite ..."la paille" du  Pennisetum.