Au printemps, lorsque la douceur des jours s'accompagne de l'alternance de soleil et de giboulées, il arrive que le jardinage soit un sport de combat.

Les " mauvaises herbes" n'existent plus: tout le monde a le droit de vivre. Ces indésirables portent désormais le doux nom " d'adventices". Les adventices sont des plantes qui s'imposent là où elles ne sont pas invitées, elles sont considérées comme nocives parce qu'elles concurrencent les autres plantes pour l'eau, l'air, la nourriture, l'espace et la lumière.

Ne pas les confondre avec les sauvageonnes - qui sont pour moi toutes ces plantes sauvages qui viennent se poser un temps dans notre jardin: clématite brûlante, chevrefeuille sauvage, thym, sarriette,  véronique "petit-chêne", euphorbe petit-cyprès, et j'en passe. 

Ne pas les confondre non plus avec les vagabondes qui, elles, ont été installées par nos soins et s'y plaisent, s'y plaisent tellement qu'elles se ressèment partout, s'enracinent dans des endroits improbables.

Les sauvageonnes et les vagabondes me sont sympathiques et m'émeuvent. Ce qui ne m'empêche pas de mettre de l'ordre et de choisir qui va rester ou disparaître, sinon c'est la pagaille assurée.

les adventices, bien qu'admirables, il faut le reconnaître,  pour leur résistance à TOUT ( excepté peut-être aux poisons comme le R*****p, interdit chez nous comme tous ses accolytes), représentent un combat - à mains nues- de chaque jour.

Dans un jardin méditerranéen comme le nôtre, le problème ne se pose pas  pour les zones cultivées. Curieusement, dès que les plantes sont installées les parasites vont voir ailleurs, il y a bien un peu de nettoyage à assurer mais ce n'est vraiment pas grand-chose. La situation est grave dans les zones de circulation du jardin; Les adventices s'incrustent dans le gravier et pis encore dans mes tapis de couvre-sol...

Revue: Sur le gravier, un échantillon: chiendent, laiteron ou pissenlit ( la petite fleur jaune) et l'espèce de petite graminée qui a un petit air d'avoine qui est la nouveauté de l'année: c'est bien simple il y en a partout, je n'ai pas le souvenir que ç'ait été le cas les années précédentes. Soyons juste: les laiterons , dérivés des pissenlits et chardons ne sont pas trop méchants: leur racine unique, voire en vrille s'extirpant facilement avec l'aide d'un couteau. Quant à la simili avoine, si vous attendez J+2 après une pluie, il n'y a plus qu'à tirer: elle vient toute seule.

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Nous voici au coeur du sujet: la VRAIE cochonnerie, c'est le chiendent: Il résiste à tout ( Pour voir, j'ai même essayé un peu d'eau de javel sur une touffe bien isolée... rien), et se propage insidieusement et sûrement grâce à ses interminables racines drageonnantes... l'hiver , il sèche, devient sec et blanc sous l'effet du gel... un peu de redoux et hop...il renaît tel le Phénix de ses cendres... Nous lui devons quand même les brosses - en chiendent - c'est dire la robustesse du sujet et, je le tiens d'Emmanuel: il serait utilisé en tisanes pour ses vertus thérapeutiques. En attendant, s'en débarrasser définitivement est sans espoir, mais on peut limiter sa prolifération en l'arrachant.

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Ce genre de petit trèfle tapissant aime particulièrement la calade de la tonnelle, sa racine simple est tenace . Agaçant.

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Ah! ci-dessous la plaie: tout ce petit monde ( chiendent, laiterons et pissenlit etc.) adore le couvre-sol Sedum Coral carpet qu'ils étouffent, il faut les en extraire en évitant d'abîmer le sedum: Un défi, c'est moi qui vous le dis!

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 Gros plan sur laiteron ou pissenlit - au choix- : ils s'installent partout mais se retirent facilement ( pour eux aussi , attendre " pluie J +2 ou 3)

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 Autre véritable cochonnerie: ce petit " plan de salade" innocent: la passerage. Rien n'en vient à bout quand elle se plaît - et elle se plaît chez nous- pour deux raisons: elle monte en graine , fleurit et se ressème si vous ne l'avez pas éradiquée avant,  cependant que ses racines drageonnent, perlées à intervalles réguliers de peties boules blanches... un bonheur !

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 Pour clore ce tableau, j'ai encore une authentique saloperie en stock - sans photo, c'est trop tôt - mais si vous en avez par chez vous , vous saurez de quoi je parle: je ne sais pas comment elle s'appelle...  maigrichonne et  tapissante, elle se répand en nappes légères : sa particularité très désagréable est de dégager fortement une odeur de  vieille urine rance. A tel point que la première fois que je l'ai sentie, j'ai cherché quel grossier personnage  pouvait bien se soulager clandestinement dans le jardin . Si vous connaissez son nom...cela m' intéresse.  Heureusement elle, aussi, s'arrache facilement... avec des gants.

Une alternative à l'huile de coude ? Nous avons acheté un desherbeur " thermique", on branche, ça chauffe , on vise la méchante avec une petite lance et comme aucune plante ne survit à la brûlure... couic. Cela marche bien mais présente deux inconvénients: impossible à utiliser dans les zones intensément plantées: griller les pieds de nos couvres-sol ? n'y penser pas. Sur les zones de circulation - graviers chez nous- c'est impeccable, pas besoin de se baisser, mais ensuite, il faut se baisser quand même pour ramasser les cadavres desséchés qui ne sont pas jojos... du coup je ne suis pas persuadée que cela fasse gagner du temps. Le point fort, c'est que la chaleur détruit plus sûrement les racines que l'arrachage.

Si vous avez d'autres idées...