Au jardin comme à la maison, le revêtement de sol a son importance. Dans les deux cas, il doit être pratique et esthétique. La différence, c'est qu'en extérieur il faut aussi prendre en compte la qualité du sol et les conditions climatiques.

Alors, dallage? parquet? moquette? Aujourd'hui, nous allons parler "moquette". C'est à dire du revêtement de sol végétal dans le jardin même et aux abords de la maison. 

Si vous avez en tête gazon anglais ou pelouse normande, oubliez. Dans un jardin méditerranéen, la pelouse est impossible. Si vous ne l'arrosez pas, elle sera pelée les trois quarts du temps ... et une pelouse râpée, clairsemée,  ressemblant au pelage d'un vieux chien galeux:  il n'y a pas plus moche. Si vous l'arrosez, soit au tourniquet - ce qui amusera les enfants - soit par arrosage automatique intégré : vous aurez certainement de l'herbe verte mais aussi une pouponnière de moustiques: près de la maison, c'est charmant et encore plus autour de la piscine.

Si vous tenez vraiment à quelque chose qui ressemble à de l'herbe, il y a le kikuyu : le "gazon qui résiste à la sécheresse", c'est vrai qu'il résiste à la sécheresse, vous en verrez beaucoup en Afrique du Nord. Il est  quasi increvable, mais je n'aime pas beaucoup: il est coriace, pas agréable aux pieds et me rappelle le chiendent, mon ennemi. Donc si vous y tenez, ou n'avez pas le choix: étendue assez importante pour que les enfants puissent courir ou jouer au foot, pourquoi pas.

Chez nous, pas de grande étendue à végétaliser à proximité de la maison, les zones plus éloignées étant laissées en prairies naturelles. Pour des raisons pratiques liées à notre terre argilo-calcaire qui se transforme en masse collante à la première pluie, nous avons choisi de gravillonner les zones de circulation autour de la maison et les cheminements du jardin.

 Il y a cependant deux petits espaces qui demandaient à être végétalisés: le sol du Patio de la salle de bain, et  une zone d'une quinzaine de mètres carrés, très proche de la maison au Sud - Ouest, sous laquelle sont enfouies nos citernes de récupération d'eau de pluie, ce qui rendait impossible l'installation  de végétaux à enracinement profond. 

C'est cette seconde zone que je vous montre ici. Pas envie de la gravillonner, envie d'un tapis doux et souple sur lequel on pourrait se poser, sur une chaise longue ou à même le sol. Deux couvre-sols choisis: le Lippia nodiflora et une achillée  l'Achillea crithmifolia, plantés ensemble pour se compléter.  Si le lippia me donne entière satisfaction, j'ai des réserves quant à l'achillée...

Ah ! au fait, si je vous propose ce message aujourd'hui, c'est parce que nous sommes en pleine canicule depuis plus d'une semaine: c'est la fournaise en plein soleil, vous me direz  que c'est pareil ailleurs.  Vrai, mais cette canicule succède à 7 semaines de sécheresse absolue, de fin avril à la mi-juin, heureusement tempérées par une semaine d'orages:  la troisième semaine de juin. Depuis il fait très chaud et très sec: c'est par conséquent le moment idéal pour juger du comportement de végétaux  supposés tenir tête à chaleur et sécheresse:

Photos prises hier:

Comme vous le constatez, au loin, la prairie naturelle sous les oliviers est complètement desséchée alors que notre petit coin de repos au premier plan est bien vert, de lippia et d'achillées entremêlés

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De plus près: le Lippia , c'est le plus tapissant à gauche; l'achillée est plus haute ( 10cm environ) fleurie d'ombelles blanches que je coupe à la cisaille pour garder l'effet " moquette"

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 Encore, avec au premier plan les fleurettes du Lippia   (Photo prise au ras du sol)

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 Le Lippia se développe rapidement et s'étend grâce à ses tiges rampantes très vigoureuses, il est sorti de la zone qui lui était impartie et avance joyeusement sur le gravier et sur le haut de l'escalier... je laisse faire... il n'a que des qualités, doux aux pieds, très résistant, il reste vert et fleuri sous le cagnard. 

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 Ses fleurs, petites ( 0,5cm) , globulaires blanches et violettes, adorables...et qui se renouvellent de mai à septembre

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 L'Achillea crithmifolia à présent:  plus haute que le Lippia. En fleurs que je rabats. D'un blanc crémé, les fleurs, pas intéressantes: par conséquent aucun scrupule à les tondre

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 Le feuillage découpé, lui, est intéressant pour un couvre-sol: d'une jolie teinte vert grisâtre qui s'harmonise avec celui, vert profond,  du Lippia.  D'une belle texture duveteuse, dense, doux au contact.

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 Mais, car il y a un mais, pas si vaillante que cela face à la chaleur et à la sécheresse: voyez cette zone où l'Achillée domine: elle est pelée, pas jojo!   Heu... Gilles-mon-époux, qui lit par dessus mon épaule,  me dit que cet endroit étant celui de la mangeoire des oiseaux l'hiver, il y a là une épaisse couche de coques de graines de tournesol qui gêne l'achillée, et qu'elle reprend du poil de la bête quand il décroûte. Bon alors d'accord : l'achillée n'est pas seule responsable de la pelade. Cependant,  en vérité l'achillée crithmifolia aime l'humidité, ce qui n'est pas un défaut en soi, il faut simplement le savoir me direz-vous. Le problème c'est qu'en terrain humide, elle prolifère tellement qu'elle se transforme en invasive dont il est difficile de se débarrasser. Chez nous, pas de danger, d'autant que nous n'arrosons pas, mais en région chaude et humide ( le Sud-Ouest par exemple) , attention!

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