Cet été fut un véritable été provençal: très chaud, très sec, exceptionnellement sec considéré le bilan hydrométrique. Le jardin a pris, vous l'avez vu , ses couleurs de garrigue: camaïeu de blonds, de paille, d' argent et de bruns, rehaussé du vert persistant du feuillage des cistes et de l'absinthe des euphorbes.

Le jardin, pour petit qu'il est, n'est pas d'un seul tenant. Et parmi les six zones qui le composent, il y en a une qui reste l'été d'un vert... comment dire? ... d'un vert "gras", frais, normand ! quoi.

C'est le petit jardin de la Salle de bain: Je ne l'arrose pas non plus et pourtant... sa fraîcheur vient de la présence dans le sous-sol à cet endroit d'une énorme poche argileuse qui stocke l'humidité l'hiver comme une éponge et la diffuse l'été.

Comme je vous l'ai dit, ce jardinet est minuscule ( 6m²) , biscornu et conçu pour être vu de l'intérieur de la salle de bain:

J'avais dans mon jardin normand des bambous dont je suis un peu nostalgique. Nous cherchions pour meubler ce petit patio un équivalent, une plante élancée, graphique : nous avons trouvé la canne de Provence ( Arundo donax) - ici panachée- qui pousse à l'état naturel en Provence souvent en bordure des fossés et cours d'eau car elle a besoin d'humidité. Cette souple graminée géante ( elle peut atteindre 6 m de hauteur! )  pousse comme le bambou à vue d'oeil, mais n'est pas persistante. C'est là son défaut: elle sèche l'hiver et demande à être rabattue.

Vous la voyez là, à gauche. Elle n'est pas très grande encore: il faut vous dire que ce jardin n'a que trois ans. 

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Sur cette photo prise de l'intérieur de la salle de bain - la baignoire est encastrée sous la verrière - , vous voyez une autre graminée panachée: un Miscanthus chinensis 'Zébrinus' , rayé de crème. Il se tient  dru près de la porte

DSC04146A droite, vous apercevez le mur de pierre sèche qui abrite la salle de bain des regards palissé d'un " Faux jasmin",  Trachelospermum jasminoïdes , que je n' ai finalement pas arrosé de l'été tant il est en forme ( merci, la poche d'argile! )

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 La verrière est équipée d'une ouverture qui permet non seulement d'aérer mais de profiter du parfum du jasmin et des rosiers au nombre de deux:  blancs. Comme il a plu dernièrement, ils remontent: vous apercevez à droite la fleur d' " Iceberg" ou "Fée des neiges" qui contre toute attente - c'est un cadeau - se plaît là. Il faut dire qu' il est protégé du soleil par le mur de pierres . Il a besoin d'un peu d'antichlorose de temps en temps, sinon il jaunit.

DSC04061Ce mouchoir de poche est inphotographiable, du moins avec mon appareil d'amateur: Malgré tout, une vue de l'entrée: A gauche le "Faux jasmin", en face le rosier " Iceberg" et au sol , bien vert...

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 Le Lippia nodiflora , ici toujours vert et fleuri tout l'été

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 Le seul moyen que j'ai trouvé pour arriver à vous donner une idée de cet endroit, c'est  " vu du ciel" , c'est à dire vu du haut de mon escabeau planté de l'autre côté du mur de pierres. Au fond : la canne de Provence, juste devant, le second rosier blanc en buisson 'Sally Holmes', encore devant, la touffe argentée, c'est un Teucrium fruticans 'azureum' au feuillage persistant qui fleurit de bleu en fin d'hiver et début de printemps

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 En gros plan, la fleur de  'Sally Holmes': grande, simple, d'un blanc pur évoluant vers le crème relevé du bouquet jaune "soleil" des étamines. Superbe.

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 Et maintenant, par ici la sortie !  vous voyez le Miscanthus, les petites fleurs blanches sont celles, légères,d'un Gaura lindheimeri, un de mes chouchous! et, en perspective, la petite terrasse devant la chambre!

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