La grande nouveauté de ce gros ménage d'automne - enfin pour moi - c'est que cet automne,  j'arrache. Cela n'a l'air de rien mais cela veut dire beaucoup, ARRACHER. Je crois qu'être capable d'arracher, c'est être arrivé à une certaine maturité en matière de "jardinage".  La troisième étape après la taille et le rabattage.  Longtemps, j'ai hésité à tailler franchement, comme si je craignais de blesser la plante, il m'a fallu du temps pour intégrer que c'était pour son bien, voire sa survie.

Arracher, c'est une autre paire de manches! Avant, c'est à dire: il y a peu, je n'arrachais que ce qui était indubitablement mort. Le grand pas, c'est d'arracher du vivant : Arracher mes santolines que je trouvais vilaines, certes, mais qui étaient en parfaite santé, m'a libérée. C'est la première fois qui compte, dit-on. En ce qui me concerne,  c'est vrai puisqu'après avoir éradiqué les santolines, je m'en suis prise aux stipas! 

Soyez rassuré(e)s... je ne pense être devenue en un mois la"serial-killeuse des parterres"  - encore que, quand je pense au chiendent... Non, non je vous assure: loin de moi l' envie de tout dézinguer.

Simplement, à partir de maintenant je n'attendrai plus que ce soit complètement crevé pour arracher. Pourquoi, je vous le demande, s'imposer la vue peu ragoûtante et parfois démoralisante de végétaux agonisants ? Je parle de ceux qui, soudain, se sentent mal, tournent de l'oeil, tombent malades et de ceux qui passent leur vie à crevotter, parce qu'ils-ne-se-plaisent-pas. Je ne dis pas qu'il faut renoncer à tout effort de sauver ces sujets, mais bon, au bout d'un moment: Basta !

Les stipas, je les aime et même je les adore quand du vert tendre  printannier, elles évoluent vers le blond des blés mûrs , quand elles s'ébouriffent de leur floraison violine... pas quand elles pourrissent du coeur.

Les stipas dont il s'agit ici sont les stipas trichotoma , touffes rondes: vous les voyez ici en compagnie de leurs cousines les stipas ténuifolia plus élancées

Les stipas - toutes- aiment le sec et détestent les bains de pieds : c'est un peu le problème pour celles qui sont installées sur la grande restanque, laquelle est bâchée. La bâche a l' avantage de limiter la prolifération des adventices ( ex mauvaises herbes!) et l'évaporation, en temps de pluie elle conserve l'humidité ce qui n'est pas du goût de toutes nos plantes de "jardin sec" qui peuvent en pourrir. Je m'aperçois, en la mettant sur le blog que la photo ci-dessous a été prise ces derniers jours... arrachage bien avancé,  ce qui explique qu'il n'y ait plus beaucoup de" trichotomas"

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La preuve, que les stipas aiment le très sec: elles se ressèment dans les joints de la calade de la pergola, mélange de chaux et de sable où l'eau ne stagne jamais: elles s'y ancrent solidement et sont, même jeunes pousses,  difficiles à extirper

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 Ci-dessous vous les voyez ;  leur coeur est devenu tout sec, tout gris: si je tire cela vient "tout seul", le pied est noir, pourri. Ce n'est pas bien beau et c'est triste... allez ouste!

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Après, la jolie plante en "touffe" souple et dressée, c'est un Polygonum equisetiforme en fleurs

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 J'en ai arrachées pas mal: une bonne dizaine. Il faut dire qu'elles n'étaient pas toutes jeunes non plus ( 6 ans)

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 Quelques cadavres en attente d'être chargés sur ma bâche de ménage... toutes les stipas seront remplacées:  par celles, encore petiotes qui se sont ressemées spontanément  tout près, par les jeunes plans que je vais essayer de déplacer - si j'y arrive - de la calade de la pergola, enfin par celles que j'achèterai pour compléter à ma pépinière préférée

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 Tiens! il va pleuvoir... il faut car septembre a été rudement sec

DSC04416 Il pleut... et pas qu 'un peu !  en fin d'après midi, le soir, la nuit

DSC04462Le matin du jour d'après

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