Le jardin économe en eau est le jardin de l'avenir. C'est une évidence, quelque soit la région où nous habitons. Les évolutions climatiques de ces dernières années nous ont appris une chose: on n'est plus sûr de rien. Il faut donc, doucement mais sûrement changer notre fusil d'épaule et convertir nos jardins. Un jardin économe en eau est  économe tout-court ( voir vos factures d'eau, et celles de remplacement de plantes mortes de soif) et surtout , il apporte l'essentiel: la tranquillité du corps - trimballer des arrosoirs pleins, tirer des tuyaux: c'est crevant - et de l'esprit : ah! pouvoir s'absenter, partir en vacances l'esprit léger !

Le jardin économe en eau, ce n'est pas compliqué à mettre en oeuvre... à condition de respecter quelques principes de base:

Choisir soigneusement ses végétauxPréférer les indigènes, les adaptés au sol et au climat. Renoncer aux "soiffardes" - un pictogramme renseigne sur le besoin en eau - voir les étiquettes des pépinières , dans les  manuels de jardinage- . Acheter de bonne qualité: pas de plantes " forcées", ni "chignonnées",  faire très attention à la qualité de l'enracinement . Il arrive de temps en temps que mes pépiniéristes chéris, alors que je leur demande une plante, l'examinent de près et déclarent: "elle n'est pas prête car  l'enracinement n'est pas suffisant", alors j'attends. Le temps qu'il faut. 

Se cantonner aux arbres, arbustes , vivaces et bulbes, oublier les annuelles, Accepter de renoncer à certaines plantes.

Planter PETIT : des poquets pour les vivaces, des petits conteneurs pour les arbustes: les plantes reprennent et s'installent plus facilement... évidemment à la plantation, on trouve le jardin un peu clairsemé, mais les plantes se développent ensuite rapidement. 

Ne pas "pousser" les plantes : apporter un peu de compost à la plantation . Et après,  se calmer.  Trop engraisser les plantes n'est pas leur rendre service, cela les fragilise.  elles doivent grandir à leur rythme, régulièrement, s'adapter au sol. Une plante "poussée" est une plante vulnérable.

La première année, SOIGNER l'arrosage:  Bien arroser. Cela me fait mal quand je vois des "arroseurs" servir l'équivalent d'un "pipi de chat" tous les soirs à leurs plates-bandes. L'arrosage bien mené, c'est copieux et espacé. Copieux  afin que la terre s'humidifie en profondeur, espacé afin d'obliger les racines à descendre chercher l'eau . Si l'on arrose tous les jours ou tous les deux jours et peu, les racines restent en surface et... à la première pénurie, couic. Pour un jardin non-méditerranéen ( j' aborderai le jardin méditerranéen dans un prochain message), l'arrosage pourrait être - s'il ne pleut pas bien sûr - une fois par semaine l'année de la plantation, puis l'année suivante  en période de sécheresse toutes les deux ou trois semaines, puis... rien du tout. Pour arroser copieusement sans être greffé à son tuyau des soirées entières: le poser par terre, laisser couler  et le déplacer tous les quarts d'heures. Pour les plantes nouvellement installées,  isolées parmi de plus anciennes, un arrosoir de 10 litres versé lentement au pied.

L'arrosage, ce peut être "de temps en temps" pour un jardin économe en eau ... ou pas du tout , pour un jardin "sans arrosage" . A chacun et chacune de décider, en fonction de son envie et de sa disponibilité à arroser et de choisir ses plantes en conséquence. Ne pas oublier non plus  que la plupart des plantes ont besoin d'un peu d'eau pour fleurir ...  

Sur ces bonnes paroles, quelques bonheurs printaniers 

Achetés chez Bulb'Argence et installés cet automne: l'adorable Narcissus tazetta ' Avalanche', qui est supposé "survivre" dans un jardin méditerranéen!  nous verrons s'il est toujours là l'an prochain, j'en ai installé une dizaine, histoire de voir...

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et la fritillaire ' persica' à la jolie couleur pourpre, bien qu'un peu mate

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Un narcisse double acheté en filet au Luxembourg ! , particulièrement gracieux derrière la paille de la graminée Pennisetum orientalis qui commence tout juste à faire de nouvelles pousses.

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Sur le flanc du talus:  un globulaire ( globularia alypum )  qui formera, s'il continue sur sa lancée , un beau coussin . En attendant ce jour , je découvre avec bonheur le bleu intense de ses pompons, car le bougre, il a pris son  temps pour s'installer ( 2 ans)... il faut dire qu'il est en pleine pente!

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Toujours à flanc de talus, celle-là , par contre, n'a pas trainé: installée en novembre, la margueritte marocaine  ( Rhodanthemum Hosmariense)  semble vraiment se plaire, ses fleurs  assez grosses se voient de loin et apportent enfin de la gaieté à mon talus que je trouvais un brin austère.

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Mes tulipes pourpre , je les adore. Bien qu'aimant toutes les tulipes en bouquet, je n'ai que ces" pourpre foncé" au jardin: elles s'accordent si bien avec les feuillages "bronze" ou argentés qui les entourent... 

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Pour terminer, deux sauvageonnes: les délicats  muscaris, cette année il y en a beaucoup dans la garrigue

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et le thym sauvage en fleurs

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