Paillasson poilu . Notre jardin ne ressemble pas vraiment à un paillasson poilu, pourtant ce sont ces mots qui  me viennent à l'esprit quand je le regarde. Il est en piteux état, après le premier passage du camion du foreur... ( nous attendons le second, prévu mercredi prochain car, après maints aléas que je vous épargne, notre forage n'est toujours pas réparé... nous sommes toujours reliés par notre cordon ombilical  à Marius et Hélène) et surtout à cause de la sécheresse que notre région subit en ce moment avec des conséquences autrement plus graves qu'un jardin qui tire la langue: les incendies . On ignore quand on vit ailleurs la rigueur du climat provençal.

Quelques fois, le ciel s'est assombri:

DSC06794et nous avons espéré la pluie. Mais rien ou si peu: pipis de chat d'un quart d'heure, vite évaporés. Pourtant, il y a deux semaines, c'est tombé doucement toute une nuit: les feuilles se sont défripées, les tiges redressées dans la fraîcheur du matin...  un bref répit. Depuis, il fait beau et très chaud. Trop peu d'eau au printemps, pratiquement pas cet été: la terre est desséchée, et pas qu'en surface. Les plantes doivent puiser le peu d'humidité dont elles ont besoin en profondeur.  Manque de pluie, arrêtés municipaux qui rationnent l'eau: arrosage interdit sauf pour les agriculteurs...  C'est dans ces moments-là que l'on est content de son sobre jardin méditerranéen . A condition, bien sûr, d'avoir joué le jeu depuis la plantation: c'est à dire de ne pas l'avoir arrosé plus que le strict nécessaire et d'avoir respecté le cycle de ces plantes naturellement adaptées à la sécheresse qui entrent en dormance aux heures les plus chaudes.

Ci-dessous la délicate asphodèle ( asphodelina liburnica),  aux légères fleurs d'un jaune légèrement souffré à la mi-juin

DSC06355la même, hier... déplumée

DSC06836L'Armoise arborescente... Ah ! je sais d'où me vient l'image du "paillasson": du brun des fleurs, commun à toutes les fleurs sèches

DSC06838Le Ciste de Montpellier a complètement roussi, devant lui une Stipa gigantea qui a poussé à son pied

DSC06851gros plan sur ce ciste: voyez les feuilles sont toujours vertes mais c'est le fauve des fleurs sèches qui domine

DSC06864Le "poilu " est apporté au paillasson par les graminées... qui supportent admirablement la sécheresse ci-dessous l'Achnatherum calamagrostis

DSC06837et les Stipa trichotoma et tenuifolia: elles gardent leur tenue mais blondissent, blondissent à en devenir presque blanches

DSC06571pratiquement plus de fleurs à l'exception de celles du Perovskia qui  fleurit en août

DSC06850et de celles du Gaura lindheimeiri qui oscillent inlassablementau moindre souffle: fraîcheur de leur blanc pur à peine teinté de rose dans la fournaise

DSC06843Une petite oasis bien verte: le  carré de plantes aromatiques sous la fenêtre de la cuisine encadrée par le feuillage vert sombre du rosier Banksiae normalis. Planté de thyms, sarriettes, origan, mélisse, fenouil, sauge, romarin,  toutes parfaitement adaptées à l'été méditerranéen

DSC06841Cet été particulièrement sec, après le printemps sec qui a précédé aura valeur de test: nous verrons qui, de ce petit monde écrasé de chaleur, aux feuilles ramollies et pendouillantes (je ne vous ai pas montré certains feuillages qui font pitié) , se relèvera et repartira et qui...y restera.

A présent nous attendons les orages qui surviennent normalement à partir de la mi-août... humm, normalement...